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jeudi 19 janvier 2012

L'écologisme de la joie : Idée reçue numéro 51

Après avoir présenté l'Idée Reçue Numéro 1 : "Il faut préserver l'environnement pour les générations futures", puis l'Idée Reçue Numéro 2 : "Il faut sauver la planète", après l'ineffable idée reçue numéro 44 :"Il faut vivre avec son temps !", après la gentille et toxique Idée Reçue Numéro 13 : "Les plantes, en vrai, c'est sale et dangereux !", l'idée reçue du jour sera courte :
Numéro 51 "Il a fait mauvais temps ces derniers jours".


J'ai longuement hésité avec une autre idée reçue de compétition que je vous réserve pour plus tard...
Celle-ci me vient d'un constat : la perception du temps qu'il fait n'est pas la chose la mieux partagée de ce monde, contrairement à ce qu'on croit.
Il fallait voir tous nos voisins et amis de notre région ces derniers jours, leurs exclamations de joie, de satisfaction voire de soulagement, après le relevé des températures.
"Il a fait -8° ce matin !
- Ah, c'est bien !
- Y faut ça !
- Bin oui, les arbres en ont besoin !
- Pis la terre aussi ! Pis ça tue la vermine !
- Ah ça oui !
- LOL
- MDR"
Comme vous vous en doutez, j'ai joint ma voix à ce concert de contentement.
Cela n'empêche pas les écologistes (joyeux ou non) d'être partie prenante dans l'appel à loger les plus démunis, notamment en période hivernale. S'il n'est pas de mauvais temps au sens absolu du terme, il ne nous a pas échappé que le froid intense, autant que le chaud excessif, tue.

jeudi 12 janvier 2012

L'écologisme de la joie : idée reçue numéro 13

Après avoir présenté l'Idée Reçue Numéro 1 : "Il faut préserver l'environnement pour les générations futures", puis l'Idée Reçue Numéro 2 : "Il faut sauver la planète", après l'ineffable idée reçue numéro 44 :"Il faut vivre avec son temps !" voici la gentille et toxique Idée Reçue Numéro 13 : "Les plantes, en vrai, c'est sale et dangereux !"

Vous qui vivez en ville le savez bien, les plantes c'est sale. Les plantes ça vit dans la terre, ça mange par terre et ça ramasse n'importe quoi. Il faut craindre les plantes, car en plus des tares précitées, elles ne se gênent pas pour être majoritairement toxiques !
Mais en vrai ? En vrai, quoi de plus sale qu'une terre morte que nul ver ni bactérie ne remue ? Quoi de plus toxique qu'un sol inerte arasé par les vents ? Hein ?
Et voilà qu'un jour, un projet de loi visant à interdire l'utilisation directe des plantes comme médicaments est en préparation. Dit comme cela, on peut imaginer que c'est une façon d'éviter le charlatanisme, sauf que... sauf que, non convaincu, nous creusons un peu et nous demandons :
"Est-ce que cela signifie que le simple citoyen n'aura théoriquement plus le droit de ramasser des herbes devant chez lui pour se faire des tisanes ou des remèdes maison ?"
Réponse catégorique mais bafouillante d'un scientifique agréé par Monsan... par le ministère idoine :
"Bien entendu, on ne peut pas laisser faire n'importe quoi aux gens. Il faut un minimum de contrôle. Ramasser n'importe quelle plante est dangereux."
En entendant cela, je m'indigne, je bouillonne...
Les grainetiers industriels ont ouvert la brèche dans laquelle tous les industriels veulent s'engouffrer.
"Ramasser des plantes" est assimilé à "faire n'importe quoi".
"Un minimum de contrôle" signifie que le droit encadrerait chacun de nos gestes ne conduisant pas à l'achat de produits modifiés par une industrie agréée et le scientifique de (sa) bonne foi considère qu'un particulier "ramasse n'importe quelle plante" et non pas celles qu'il sait ou suppose bénéfiques.
Entendre cela me scandalise et me renvoie également à un autre scandale législatif : celui qui interdisait aux simples citoyens de transmettre la recette du purin d'ortie.
Heureusement pas complaisants nous posons la question qui nous agite :
"Mais l'industrie pharmaceutique ne nous a pas toujours donné que des produits inoffensifs et sûrs. Pourquoi seraient-ils plus fiables que les plantes que nous ramassons ?"
Car combien de médicaments ont été retirés de la vente pour leurs effets secondaires désastreux ? Comment pourrait-on croire que les laboratoires sont moins intéressés par l'argent que par notre bien-être ? Qui nous fera avaler des médicaments dont nous ne connaissons pas les effets néfastes à long terme ?
Alors je vous le dis, amis de la terre et des terriens, la rébellion silencieuse et douce nous appartient. Ramassons des plantes, faisons du purin d'ortie, œuvrons dans l'ombre et la lumière pour que notre sous-sol et nos organismes restent ou redeviennent sains...
Un sol propre est un sol vivant ! Une plante terreuse est une plante qui a vécu !
Gardarem lou purin !
"La folie des trisantesmes" est mon roman le plus engagé à ce jour. Cette problématique de la Nature versus l'anti-Nature y est "clairement" exposée. Il y a encore du travail avant d'espérer le soumettre aux éditeurs.

vendredi 23 décembre 2011

L'écologisme de la joie : idée reçue numéro 67

Après avoir présenté l'Idée Reçue Numéro 1 : "Il faut préserver l'environnement pour les générations futures", puis l'Idée Reçue Numéro 2 : "Il faut sauver la planète", et enfin l'Idée Reçue Numéro 44 : "Il faut vivre avec son temps !", voici venu le temps des rires et des ch... voici l'idée reçue numéro 67 :
"La recette du meilleur chocolat industriel du monde a été inventée par les Dieux !"


Et oui... Enfin, c'est ce qu'on m'a dit, parce que j'ai enquêté et tout...

"Ah, salut, tu vas bien !
- Bin ouais, et toi ?
- Ah moi, ça pulse. J'ai enfin fini tous mes cadeaux de Noël !
- La chaaaance !
- Nan mais attends, je me suis pas cassé la nénette, j'ai acheté 47 boîtes de Ferrerri Caillasse(c).
- 47 boîtes... T'es pas bien ? C'est trop de la m...
- On voit que tu n'y connais rien. Les Ferrerri Caillasse(c), ils ont été inventés par les Dieux et c'est pour nous faire plaisir que les Dieux ont donné la recette aux humains !
- Tu y crois, à ça ?
- J'ai pas à y croire, c'est la stricte vérité !
- Par les Dieux, tu dis ?
- Par les Dieux en personne ! Ça te dérange ?
- Pas spécialement. N'empêche que j'aurais tendance à penser que si c'est vrai Ils se sont bien foutus de nous et qu'Ils doivent bien se marrer, du haut de Leur pays des Dieux, de voir un type se radiner à la maison avec 47 boîtes d'un truc qui comprend plus de la moitié de son poids en sucre raffiné, et le reste en pâte de gras douteux avec des éclats de fruits secs cultivés n'importe comment. Ou alors les humains, en tant que misérables plagieurs sous-doués, se sont méchamment plantés dans la transcription de la recette originale. Si ça se trouve, c'était chémant bon au départ, et ça a été traduit en chinois, puis retraduit en français par un logiciel automatique gratuit, du style : "mélangeais la sucre, la gras hydrogénée et traces de coques à fruit".
- Punaise, t'es toujours aussi rabat-joie...
- Peut-être bien, mais n'oublie jamais une chose : tout rabat-joie que je suis, je refuse d'acheter ces fichus Ferrerri Caillasse(c) ou n'importe quoi de la même maison !"

Franchement, "inventés par les Dieux", mais quel genre de Dieux feraient une chose pareille ? Des Dieux-farceurs ?

mardi 20 décembre 2011

L'écologisme de la joie : Idée reçue numéro 44

Après avoir présenté l'Idée Reçue Numéro 1 : "Il faut préserver l'environnement pour les générations futures", puis l'Idée Reçue Numéro 2 : "Il faut sauver la planète", je vais à présent éreinter l'idée reçue numéro 44 :
"Il faut vivre avec son temps !"

Ah ! La belle expression ! Lourde de sens, forte en représentations mentales qu'elle projette avec puissance !
"Il faut vivre avec son temps", véritable tarte à la crème de l'argumentation en rhétorique contemporaine ! Lorsque, au détour d'une discussion contradictoire, j'entends cet argument livré tel quel, aussitôt je réagis : "Ah bon, vous n'avez que cela pour justifier votre point de vue ? Il fallait le dire tout de suite, je n'aurais jamais engagé la conversation !"
C'est une phrase que je n'aime pas, je vous l'avoue, en raison de son absence de puissance argumentative. On l'emploie d'ailleurs pour disqualifier un interlocuteur quand on n'a rien d'intelligent à dire. Ainsi proférée, cette sentence signifie littéralement "c'est comme ça et c'est tout. Si t'es pas d'accord, c'est que tu n'es rien qu'un pauv'rétrograde".
"Il faut vivre avec son temps" permet de tout justifier sans plus argumenter. Exemples choisis :
"Vous devez accepter les centrales nucléaires pour les millénaires à venir car
il faut vivre avec son temps."
"L'agriculture a besoin d'un usage immodéré des pesticides, car
il faut vivre avec son temps."
"Vous devez acheter des produits de merde à bas prix, fabriqués dans des pays qui ne respectent aucun règle commerciale internationale mais devant lesquels nous nous aplatissons, car
il faut vivre avec son temps."
Je ne vois pas pourquoi au demeurant cette phrase ne pourrait pas servir pour faire des affirmations comme celles-ci :
"Je n'achète que bio, car
il faut vivre avec son temps."
"Je modère ma consommation de produits polluants, car
il faut vivre avec son temps."
etc.

La vérité, c'est que de toute façon NOUS VIVONS AVEC NOTRE TEMPS. C'est inscrit dans la cosmo-chronologie : notre temps est notre temps, là et quand nous sommes, ici et maintenant.
Raison de plus pour infiniment respecter notre temps, raison de plus pour infiniment respecter ce qui nous entoure et ceux qui vivent dans le même temps que nous. Raison de plus pour faire attention à l'environnement, aux humains et à tout le reste, de façon à ce que "vivre avec son temps" soit contentementogène. Il faut nous approprier le présent, l'aimer, fusionner avec lui, vouloir qu'il soit le plus agréable possible, hors de toute influence négative qui prendrait comme argument l'idée reçue que je dénonce ici.

De ce point de vue, j'ose l'affirmer : "
il faut vivre avec son temps" est presque un slogan écologiste, surtout pour le courant joyeux pour lequel je milite !

jeudi 17 novembre 2011

L'écologisme de la joie : Idée reçue numéro 2

Pour cette idée reçue deuxième du nom, une idée simple et souvent entendue, en définitive un abus de langage involontaire...

Idée Reçue Numéro 2 : "Il faut sauver la planète"

A cela, je dis non.
Nous l'aurons compris, la planète n'a pas besoin de nous. A chaque fois qu'elle entend quelqu'un dire "il faut sauver la planète", la planète se marre. Mais attention, il est très dangereux de trop la faire rire à s'en tenir les côtes, surtout quand les côtes pètent. En effet, le pétage de côte entraîne une crevaison de la croûte avec de nombreux effets secondaires indésirables : volcanisme, secousses telluriques, inondations.
Conséquemment, souhaitons-nous de sauver notre espèce, les baleines, notre joie ou notre pérennité, si c'est bien de cela qu'il s'agit, mais n'essayons pas de sauver la planète. Car elle nous enterrera tous.

mardi 18 octobre 2011

L'écologisme de la joie : Idée reçue numéro 1

Petite précision en guise de préambule : le traité d'écologisme de la joie que j'élabore refuse de se prendre au sérieux. Mon premier objectif est de m'amuser en détricotant certains aspects de l'écologisme (et de l'anti-écologisme) au nom duquel on dit parfois n'importe quoi.
Ceci étant dit, je ne m'interdirai pas d'être de mauvais foi, et je risque de manier l'ironie aussi souvent que son contraire.
Deuxième petite précision : Les chroniques présentées sur ce blogue sont incomplètes. Pour la version longue, espérons ensemble l'écriture de l'ouvrage complet :)

Idée Reçue Numéro 1 : "Il faut préserver l'environnement pour les générations futures"

A cela, je dis non.

La première raison est limpide : il y a toujours une génération future à toute génération. Il  n'est donc pas urgent d'agir puisque ce sera à la génération future de s'occuper des générations futures...
Mais il y a pire, si je puis dire. Parler de générations futures induit une culpabilisation de ceux qui, au présent, n'auraient pas une conduite exemplaire en matière d'écologisme. Nous détruisons le monde de nos enfants, nous tuons nos enfants, nous sommes des monstres... Ce discours en filigrane est contre-productif, j'y reviendrai souvent en décryptant d'autres idées reçues.
Pour celle qui nous intéresse aujourd'hui, il n'y a qu'une réponse cohérente : nous ne DEVONS pas agir pour les générations futures, nous DEVONS agir pour nous-mêmes. Pourquoi ne pas envisager que nos "efforts" sont notre propre bienfait ? Ne serait-il pas plus agréable de mieux respirer, de mieux manger, d'être moins malades, d'avoir un air plus sain, une eau plus propre et les mains plus douces, tout ceci dès à présent ?
En raisonnant ainsi, rien n'empêche de penser que nous agissons également pour les générations futures. Ce n'est cependant plus la priorité. Place au vivant, place au bien-être. Après tout, comme me le suggérait une récente commentatrice, point n'est exclu que les générations futures ne choisissent de détruire l'environnement par simple goût ou choix de vie. Alors, pourquoi anticiper sur leurs aspirations alors que nous connaissons déjà si peu celles de nos contemporains ?

Pour conclure, "Il ne faut pas préserver l'environnement pour les générations futures", il faut le préserver pour les générations actuelles, pour nous, pour nous sentir mieux. Nous transmettrons plus qu'un environnement sain : un esprit sain.

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