Je marche dans les rues de Nancy, un parapluie à la main.
Rien là de bien original ; j'ai vécu une trentaine d'années dans cette ville et nous maîtrisons bien, nous les Nancéiens de naissance et dé vécu, le port du parapluie.
Ce qui m'a frappé, en revanche, ce sont les conversations dont j'ai perçu quelques bribes en croisant ou dépassant des binômes munis de deux parapluies dont les bords s'effleuraient à peine. Des conversations d'habitants du Midi de la France, ici, dans le Nord-Est.
Je tiens à préciser qu'il pleuvait à petits seaux, des ficelles, comme vache qui sue légèrement... /
It was raining "rats and bees" (very smaller than cats and dogs)En bref, une petite pluie de printemps qui ne mouille pas beaucoup. Le Lorrain de souche connaît tous les degrés de tombage d'eau du ciel, de la bruine fine aux cataractes. Mais même le Lorrain de souche peut avoir la mémoire courte...
"Ah bin ça fait drôle.
- C'est sûr, on a été gâtés depuis mars, faut bien le payer un jour.
- Ça on peut dire qu'on a eu de la chance ! Un soleil ! Et ces températures !
- Ah, j'aurais bien signé pour trois mois de plus ! La pluie, on n'est plus habitués !
- Remarque, y fait plutôt chaud.
- Oui, c'est vrai, on peut pas se plaindre, hein."
Incroyable. Je ne me pince pas car je sais que je suis éveillé. Ce sont plutôt ces marcheurs que j'ai envie de pincer pour voir si eux, des fois que..., ne dorment pas.
En Lorraine, "on" en vient à souhaiter que la sécheresse dure, que les grandes chaleurs s'installent. Comme le disait un Groenlandais dans un reportage "Thalassa" : "Moi je suis pour le réchauffement climatique."
Bien sûr qu'il est pour ! Qui aime la pluie, hein ? Qui aime la fraîcheur ? Qui aime les fluctuations saisonnières, hein, dites ? Qui aime ça ?
MOI
Et vous aussi, j'en suis sûr.