J'ai commencé hier à relater ce formidâââââble débat radiophonique qui fatigue et désespère les foules qui en ont marre, à savoir :
LE CAPITALISME PEUT-IL SE PASSER DE CROISSANCE ?
En y réfléchissant bien, moi qui suis fameux pour mon indulgence et ma patience, j'admets que le thème choisi et la façon dont il a été traité sont deux volets d'un endoctrinement continu et nauséabond, pour utiliser un terme à la mode. En moins de mots, on se moque de nous.
Déjà, telle que la question a été posée, il n'a été à aucun moment question de mettre en cause le principe du capitalisme dominant. C'est un fait acquis en sciences économiques (en apparence). Ensuite, il n'a pas non plus été question, sauf sous forme de caricature lamentable (j'y reviendrai) de contester le mécanisme de croissance infinie. Autrement dit, le véritable thème traité était :
Comment je peux vendre mon livre en faisant croire que la croissance c'est bon mangez-en, que la pollution c'est bon mangez-en, que les écolos sont caca-prout et que les contestataires de façon générale sont des empêcheurs d'être heureux, épanouis, consuméristes et soumis.
Pardon de sembler caricaturer le propos à mon tour... mais ce que j'ai entendu lors de cette émission dépassait parfois le citoyennement acceptable.
Aujourd'hui, je présente et commente quelques réflexions de la part des invités les plus modérés ou des auditeurs les plus en colère :
"Pour défendre l'idée d'une croissance infinie dans un espace fini, il faut être au moins stupide ou bien économiste."
Un auditeur
Ce à quoi on lui a répondu sèchement :
"Demandez donc aux 200 millions d'agriculteurs chinois qui ont multiplié par 4 leur niveau de vie ce qu'ils pensent des thèses écologisto-mabouls"
sic
La citation est exacte. "Ecologisto-mabouls", merci de laisser travailler tranquillement les types qui ont un livre à v..., les gens sérieux.
Je ne crache pas d'ailleurs sur "les types qui ont un livre à vendre" car j'en suis un moi-même, et cela risque même de s'accentuer en ce qui me concerne. Je considère toutefois que la fin ne justifie pas les moyens et qu'on ne devrait pas être autorisé à souhaiter la destruction de l'environnement à seule fin de passer le million d'exemplaires vendus.
"Les décroissants, qui ne sont pas d'ailleurs des décroissants mais des objecteurs de croissance, acceptent l'idée d'une 'bonne' croissance. (...) Ce qui énerve les Français, c'est que l'économie est dans tout et partout. L'idée d'une croissance circonscrite au champ économique, modulo le respect de l'environnement, est globalement acceptée par tous."
Là, deux idées se chevauchent mais donnent l'impression que les Français sont des objecteurs de croissance mal lunés qui accepteraient une croissance verte si tant est que celle-ci fût possible.
Je pense que l'analyse n'est pas complètement nulle, modulo le fait qu'en parlant "des Français", on continue à ignorer que nous ne sommes que des individus et que même moi je ne suis pas toujours d'accord avec mon ami G., avec lequel j'ai pourtant tant d'affinités idéologiques !
"En tout cas, ce qu'il faut retenir, c'est la nécessité de réguler ; réguler le capitalisme, réguler l'économie, réguler les banques."
Mais bien sûr ! C'est tellement simple que même notre président de pays y avait pensé !
La méthode ? Très facile. Chaque individu doit se rendre chez le capitaliste ou chez le banquier le plus proche et lui dire : "Bonjour, je viens pour la régulation". Ensuite, vous prenez votre argent et vous allez l'investir dans une banque mutuelle solidaire et/ou écologisto-maboul sans actionnaires.
"La régulation et la répartition des richesses sont la clé."
Rejoint la réflexion précédente. La méthode proposée et la même.
A demain pour les hilarantes saillies du type qui a un livre à vendre et qui accessoirement est un économiste qui enseigne dans des grandes écoles de commerce. En tant qu'ancien élève de prépa HEC qui rêvait de devenir analyste financier (ça m'est vite passé), je crains que ces lieux ne soient pas prêts d'enseigner les prémisses d'un monde nouveau.
Non, en fait, ses réflexions sont tout sauf hilarantes. Elles sont surtout effrayantes.
L'envers du verbe sera consacré à mes activités professionnelles en tant qu'auteur, linguiste, animateur et interprète
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mercredi 11 mai 2011
mardi 10 mai 2011
Débat radiophonique, compte rendu I
Je l'avais annoncé hier. C'était le thème du jour à 10h00 dans l'émission "service public" :
LE CAPITALISME PEUT-IL SE PASSER DE CROISSANCE ?
Le sujet est passionnant et sensible, surtout dans l'époque actuelle qui pour beaucoup d'entre nous est un moment crucial de l'Histoire de l'Humanité (et je mets des H majuscules exprès).
Les intervenants furent pour la plupart modérés et intelligents. Il y eut également un économiste "de service" qui avait un livre à vendre (ça, c'est pas grave) et qui ne jurait que par la croissance, allant jusqu'à user de lieux communs que j'oserais qualifier de révoltant.
J'y reviendrai.
En attendant de revenir au détail, voici le résultat du débat.
Unanimité sur deux points essentiels :
- La croissance est indispensable dans notre monde moderne mais elle ne doit pas se faire n'importe comment (nan...., sérieux...?).
- La régulation est la clé. Il faut réguler le capitalisme, l'économie globale et les banques. Réguler mais pas modifier (aaaah ? mais comment, docteur ?).
- On ne peut pas en finir avec le capitalisme financier parce qu'il s'agit d'un pléonasme : sans finances, pas de capitalisme (et sans chou, pas de choucroute).
- Les entreprises sont là pour faire du profit. Les gens sont là pour consommer en dépensant le moins possible. En articulant ces deux principes intangibles, il faut réfléchir à un monde "régulé" où on produira pas forcément moins mais plus intelligemment (idée de génie d'un des intervenants : mettre des exploitations agricoles juste à côté des usines de produits chimiques pour limiter les transports... je vous jure...).
Pas un mot sur la méthode, bien sûr, à l'exception de solutions comme celle que je viens de mettre entre parenthèses et qui mériterait un roman entier (bonne idée, d'ailleurs..., pour mes Trisantesmes)
J'attends vos réactions sur les conclusions de ce débat. Encore une fois, il me laisse sur ma faim parce qu'il ne propose rien d'excitant. J'ai entendu qu'il fallait "tout réguler" mais on ne sait pas comment ni par qui.
"C'est urgent. Ça fait trente ans qu'on dit que c'est urgent, alors il faut le faire !"
Ce qui me paraît le plus dangereux dans l'affaire, c'est de penser que ce sont les entités à réguler qui sont chargées de réguler... En somme, il ne va rien se passer tant que nous ne mourrons pas massivement des effets de la pollution des eaux, des terres, de l'air, des consciences et du reste.
Soyez heureux et régulez, bon sang !
LE CAPITALISME PEUT-IL SE PASSER DE CROISSANCE ?
Le sujet est passionnant et sensible, surtout dans l'époque actuelle qui pour beaucoup d'entre nous est un moment crucial de l'Histoire de l'Humanité (et je mets des H majuscules exprès).
Les intervenants furent pour la plupart modérés et intelligents. Il y eut également un économiste "de service" qui avait un livre à vendre (ça, c'est pas grave) et qui ne jurait que par la croissance, allant jusqu'à user de lieux communs que j'oserais qualifier de révoltant.
J'y reviendrai.
En attendant de revenir au détail, voici le résultat du débat.
Unanimité sur deux points essentiels :
- La croissance est indispensable dans notre monde moderne mais elle ne doit pas se faire n'importe comment (nan...., sérieux...?).
- La régulation est la clé. Il faut réguler le capitalisme, l'économie globale et les banques. Réguler mais pas modifier (aaaah ? mais comment, docteur ?).
- On ne peut pas en finir avec le capitalisme financier parce qu'il s'agit d'un pléonasme : sans finances, pas de capitalisme (et sans chou, pas de choucroute).
- Les entreprises sont là pour faire du profit. Les gens sont là pour consommer en dépensant le moins possible. En articulant ces deux principes intangibles, il faut réfléchir à un monde "régulé" où on produira pas forcément moins mais plus intelligemment (idée de génie d'un des intervenants : mettre des exploitations agricoles juste à côté des usines de produits chimiques pour limiter les transports... je vous jure...).
Pas un mot sur la méthode, bien sûr, à l'exception de solutions comme celle que je viens de mettre entre parenthèses et qui mériterait un roman entier (bonne idée, d'ailleurs..., pour mes Trisantesmes)
J'attends vos réactions sur les conclusions de ce débat. Encore une fois, il me laisse sur ma faim parce qu'il ne propose rien d'excitant. J'ai entendu qu'il fallait "tout réguler" mais on ne sait pas comment ni par qui.
"C'est urgent. Ça fait trente ans qu'on dit que c'est urgent, alors il faut le faire !"
Ce qui me paraît le plus dangereux dans l'affaire, c'est de penser que ce sont les entités à réguler qui sont chargées de réguler... En somme, il ne va rien se passer tant que nous ne mourrons pas massivement des effets de la pollution des eaux, des terres, de l'air, des consciences et du reste.
Soyez heureux et régulez, bon sang !
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