Très récemment, j'ai voulu tester les "standards de la communauté" d'un réseau social plutôt connu et apprécié d'une poignée de milliards d'êtres humains, juste pour voir...
Enfin, juste pour voir, ce n'est pas tout à fait exact. En réalité, je supportais mal le décalage apparent (de mon point de vue) entre les standards sus-nommés et certaines conversations... disons... surprenantes, pour rester mesuré.
En résumé, une partie de ces standards consultables par tous disent très clairement que toute injure, calomnie ou tout appel à la haine visant une ou plusieurs personne(s) en raison de son appartenance à un groupe religieux, ethnique, social, professionnel, national et/ou tout autre groupe d'individus sont totalement proscrits et entraîneraient l'exclusion du réseau.
C'est assez clair. Moi j'aime bien, modulo une réserve sur les intentions réelles des utilisateurs, que le site prévoit d'ailleurs assez succinctement : "bien entendu, nous faisons preuve d'indulgence si c'est dit avec humour". Bien entendu, on peut rigoler en groupe, reste à savoir jusqu'à quel point. Bien entendu, le second degré reste le dernier rempart contre ton invasion, mécréant xénotypique.
AVERTISSEMENT : à partir de maintenant, je vais user systématiquement d'euphémismes afin de ne pas polluer ma page avec les mots qui m'ont poussé à réagir. Je ne tiens pas à ce que les moteurs de recherche mènent à cet article par la saisie de mots tels que "n...", "p..." voire le verbe courant mais violemment métaphorique "e...".
Bref, je suis tombé par hasard... bon, O.K., je l'ai bien cherché... je suis tombé sur une discussion dont le point de départ était un lien vers un article assez ordurier au sujet de la comparaison entre une journaliste d'origine ethnique différente de la majorité et un animal avec lequel nous serions cousins au 90 000e degré.
Après 112 signalements sans suite, il apparut que "selon les standards de la communauté", les formulations les plus dégueulasses -je ne vois pas d'autre mot- n'y contrevinssent point, que les phrases suivantes fussent à ranger sous la bannière du second degré bon enfant :
"Je souhaite que des individus mâles en grand nombre fassent subir à cette personne de type bronzé des intromissions non souhaitées par elle jusqu'à ce que le souffle de vie la quitte, cette personne de mauvaise vie au faciès façonné par le soleil."
"J'espère que quelqu'un à la peau claire et à l'esprit clairvoyant la fera passer de vie à trépas en prenant bien soin de lui arracher des cris de douleur auparavant."
etc. etc.
Je ne sais plus comment nommer mes émotions en lisant tout ça. Honte ? Colère ? Dégoût ? Désespoir ?
Il me faudrait, je pense, dépasser ma condition humaine plutôt que d'innover lexicalement. Il me faudrait m'élever au-dessus de moi-même et admettre qu'à défaut de pouvoir changer le monde, je dois changer le désir que j'ai de le changer. Je dois entrer dans l'acceptation de l'immuable, et par là-même atteindre l'ataraxie.
Ô monde... ataraxise-moi...
L'envers du verbe sera consacré à mes activités professionnelles en tant qu'auteur, linguiste, animateur et interprète
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samedi 1 avril 2017
lundi 14 mars 2011
Un autre monde n'est pas possible
Je découvre avec le temps un mode de gouvernance qui, s'il n'est pas nouveau, tend à devenir explicite : le fatalisme cynique.
Nous savons ou nous soupçonnons que nous sommes dirigés par des personnes qui ne veulent pas notre bien mais celui du système (au sens profond du terme) dans lequel nous sommes.
Et aujourd'hui, au travers du choc que représente le séisme au Japon, la chose me saute aux yeux...
Ce serait bien d'investir une autre planète, monsieur, mais c'est la seule que nous avons.
Ce serait bien d'abandonner le capitalisme, monsieur, mais il n'y a pas d'alternative pour l'économie mondiale.
Ce serait bien de réfléchir à l'avenir de l'énergie nucléaire, monsieur, mais il n'y en a pas de plus efficace susceptible de la remplacer. Les Japonais, monsieur, n'ont que celle-là pour s'éclairer. Quant à nous, nous ne risquons rien.
Ce serait bien de prolonger les moratoires sur les OGMs en raison de leur non-innocuité évidente, monsieur, mais comment nourririons-nous 258 milliards d'humains en 2458 sans ces technologies agraires de pointe ?
Ce serait bien d'économiser le pétrole, monsieur, mais de toute façon il n'y en aura bientôt plus, alors autant vider les réserves le plus vite possible.
Ce serait bien de relocaliser quelque peu les activités humaines, monsieur, mais nous sommes dans un système où tout le monde est libre de concurrencer tout le monde, même s'il s'agit de vous faire acheter au bout du monde un produit que fabrique votre voisin de palier. c'est un droit intangible, monsieur.
Ce serait bien d'interdire la publicité, monsieur, mais vous ne vous rendez pas compte du nombre de sociétés, de journaux et de multinationales qui se casseraient la figure, sans compter les millions de personnes qui se retrouveraient au chômage par la faute de votre idéalisme aveugle...
Ce serait bien, monsieur, que vous cessiez de croire que les voies inéluctables sur lesquelles nous sommes engagés peuvent être interdites aux voyageurs imprudents que nous sommes.
Le principal enseignement que j'en tire est le suivant : Malgré ce que nous savons des risques encourus à vouloir n'envisager qu'une solution à chaque problème, nous avançons aveuglément vers notre destin de mortel borné. Ce n'est pas une critique, c'est la conviction que, effectivement, "un autre monde n'est pas possible". Le monde qui doit changer, qui changera, c'est le nôtre, celui-ci qui tremble et s'éboule, celui-ci qui vacille, celui-ci dont les fondements sont des bases de sable et de sang, fragiles, friables, éphémères... Un autre monde n'est pas possible parce que, de monde, nous n'en avons qu'un.
Je dois être un rare exemplaire de personne optimiste et joyeuse au discours désespéré. Ou bien je suis dans l'air du temps : vivons heureux puisque nous n'avons pas le choix de notre avenir.
J'adresse par ce billet doux-amer un message de sympathie à tous les Japonais qui vivent aujourd'hui dans l'angoisse d'une plus grande catastrophe encore que celle qui vient de se produire.
Et à tous les autres, je vous souhaite le meilleur monde possible, bien qu'il n'y en ait qu'un.
Nous savons ou nous soupçonnons que nous sommes dirigés par des personnes qui ne veulent pas notre bien mais celui du système (au sens profond du terme) dans lequel nous sommes.
Et aujourd'hui, au travers du choc que représente le séisme au Japon, la chose me saute aux yeux...
Ce serait bien d'investir une autre planète, monsieur, mais c'est la seule que nous avons.
Ce serait bien d'abandonner le capitalisme, monsieur, mais il n'y a pas d'alternative pour l'économie mondiale.
Ce serait bien de réfléchir à l'avenir de l'énergie nucléaire, monsieur, mais il n'y en a pas de plus efficace susceptible de la remplacer. Les Japonais, monsieur, n'ont que celle-là pour s'éclairer. Quant à nous, nous ne risquons rien.
Ce serait bien de prolonger les moratoires sur les OGMs en raison de leur non-innocuité évidente, monsieur, mais comment nourririons-nous 258 milliards d'humains en 2458 sans ces technologies agraires de pointe ?
Ce serait bien d'économiser le pétrole, monsieur, mais de toute façon il n'y en aura bientôt plus, alors autant vider les réserves le plus vite possible.
Ce serait bien de relocaliser quelque peu les activités humaines, monsieur, mais nous sommes dans un système où tout le monde est libre de concurrencer tout le monde, même s'il s'agit de vous faire acheter au bout du monde un produit que fabrique votre voisin de palier. c'est un droit intangible, monsieur.
Ce serait bien d'interdire la publicité, monsieur, mais vous ne vous rendez pas compte du nombre de sociétés, de journaux et de multinationales qui se casseraient la figure, sans compter les millions de personnes qui se retrouveraient au chômage par la faute de votre idéalisme aveugle...
Ce serait bien, monsieur, que vous cessiez de croire que les voies inéluctables sur lesquelles nous sommes engagés peuvent être interdites aux voyageurs imprudents que nous sommes.
Le principal enseignement que j'en tire est le suivant : Malgré ce que nous savons des risques encourus à vouloir n'envisager qu'une solution à chaque problème, nous avançons aveuglément vers notre destin de mortel borné. Ce n'est pas une critique, c'est la conviction que, effectivement, "un autre monde n'est pas possible". Le monde qui doit changer, qui changera, c'est le nôtre, celui-ci qui tremble et s'éboule, celui-ci qui vacille, celui-ci dont les fondements sont des bases de sable et de sang, fragiles, friables, éphémères... Un autre monde n'est pas possible parce que, de monde, nous n'en avons qu'un.
Je dois être un rare exemplaire de personne optimiste et joyeuse au discours désespéré. Ou bien je suis dans l'air du temps : vivons heureux puisque nous n'avons pas le choix de notre avenir.
J'adresse par ce billet doux-amer un message de sympathie à tous les Japonais qui vivent aujourd'hui dans l'angoisse d'une plus grande catastrophe encore que celle qui vient de se produire.
Et à tous les autres, je vous souhaite le meilleur monde possible, bien qu'il n'y en ait qu'un.
mercredi 19 janvier 2011
Temps de saison
Faire deux kilomètres à 6h00 du matin avant de renoncer à aller plus loin de peur de trop glisser sur la chaussée gelée, c'est dommage. Surtout que j'avais une réunion importante à 5 heures d'ici...
Mais c'est un temps de saison, et la saison c'est sacré.
Mais c'est un temps de saison, et la saison c'est sacré.
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