L'envers du verbe sera consacré à mes activités professionnelles en tant qu'auteur, linguiste, animateur et interprète
mardi 3 mai 2022
LABADENS – La langue t’appartient : Journal de Résidence, JOUR 2
vendredi 26 novembre 2021
La misogynie, ça n'existe pas
Il est toujours difficile de parler sereinement d’un concept que l’on ne comprend pas. Ma tentation est grande d’en rester à une critique acerbe et partisane, accroché que je suis à mes idéaux bien ancrés : « tu ne détesteras pas l’autre, tu ne considèreras pas ton semblable comme un ou une inférieur(e), tu feras en sorte de ne pas salir la planète et tu t’efforceras de la laisser dans l’état où tu l’as trouvée (au pire)... »
Il en va ainsi du couple que je forme avec la misogynie. Je sais que ça existe, je sais que c’est courant... mais je ne peux ni la comprendre ni la ressentir. Je sais juste que c’est pas bien, qu’il ne faut pas. Mon discours peut donc s’arrêter là : la misogynie, ce n’est pas bien, n’y touchez pas.
Ne recherchez pas l’ivresse d’une haine qui vise la moitié de la population mondiale. Pour détester davantage, il faut être xénophobe ou misanthrope, voire les deux. Fuyez. Stop.
Je suis tenté de poursuivre, néanmoins. Je sais pour commencer qu’il en existe de plusieurs types et qu’il ne faut pas les mélanger si on veut les combattre. On peut être misogyne par hérédité ou par expérience, parce que le père l’était, parce que la mère était trop envahissante... et le cas relèvera alors d’une psychothérapie familiale.
Il y a aussi la misogynie qui fut celle de notre nation et qui en touche encore tant dans le monde : celle qui fit écrire dans nos lois qu’une femme ne pouvait pas faire ceci ni cela, au contraire du mâle tout puissant. Nous nous croyons débarrassés de celle-ci, mais qui sait ce qu’une majorité d’hommes pourraient encore décider ? Devant la misogynie institutionnelle, je sens mon impuissance.
La pire qu’il nous reste aujourd’hui est cette misogynie « soft », délicieusement rampante, fractionnée, difficile à affronter parce qu’elle ne s’exprime collectivement que par des traumatismes ponctuels : un rire nerveux visant des blondes maladroites, la vision d’un décolleté trop profond, une conduite stéréotypée érigée en prototype, que sais-je... Je la qualifie de « pire », car elle est notre bien commun, notre héritage collectif après des millénaires de domination masculine que la religion et la politique ont entretenue et gravée dans un marbre que nous tentons tant bien que mal de dégraver. Elle est « pire » parce qu’elle est souvent invisible, insidieuse... et porte même en elle sa propre auto-dérision. Elle est « pire » parce qu’elle fait passer les féministes dans mon genre pour des rabat-joies. Mais oui ! En ce domaine, je suis un rabat-joie ! C’est ma joie !
Mais alors, qu’est-ce qui a échoué dans mon parcours ? Qu’est-ce qui a bien pu m’amener à cette totale absence de misogynie et, pire encore, de sexisme ? Comment se fait-il qu’à l’écoute d’une blague abaissant la femme, même sous couvert d’humour, je ressente au mieux l’horripilation de mes poils brachiaux ? Pourquoi ne suis-je pas plus embarrassé face à un supérieur hiérarchique d’un sexe plutôt que de l’autre ? Qu’est ce qui m’a poussé dès la maternelle à « jouer avec des filles » comme s’il s’eût agi d’êtres humains comme les autres ?
Les responsables sont hélas nombreux. Je suis né dans un foyer dont les membres ont toujours considéré l’égalité des sexes comme allant de soi. J’ai grandi dans un environnement familial et amical qui renforça cet état de fait. J’ai eu des professeurs des deux sexes, dont aucun n’a jamais professé la moindre ségrégation sexuelle en ma présence. J’ai évolué dans un pays dont les lois actaient cette égalité, affirmant qu’une femme valait bien un homme, qu’elle avait les mêmes droits, qu’elle pouvait voter, conduire, travailler, ne pas enfanter, porter des cartons lourds, mettre des pantalons et se promener toute seule même après 19h00. Mes parents, mes amis, ma famille, mes écoles, mon pays, tous coupables, tous responsables !
Cette gabegie collective monte bien que la philogynie, ou plus précisément l’intégration de l’égalité des sexes comme allant de soi, n’est qu’une question d’éducation, d’exemple, de bourrage de crâne par la douceur et sans pression... Je n’ai pourtant pas été victime de prosélytisme anti-sexiste. Cela me renforce dans l'idée qu’un enfant auquel on n’inculque pas de préceptes erronés reconnaîtra de lui-même la valeur de chaque être humain.
Je suis heureux de cela. J’aurais pu avoir un père misogyne, une mère castratrice ou des copains sexistes au dernier degré. J’aurais pu rencontrer une perverse manipulatrice qui m’aurait brisé le coeur et obligé à détester tous les membres de son sexe... J’aurais pu, mais je n’ai pas...
La chance de ne pas être misogyne tient à très peu de chose, de même que la situation inverse.
C’est pourquoi il n’y a pas mille messages à transmettre, il n’y en a que deux : refusez toute forme de misogynie que vous rencontrerez et montrez-vous exemplaire dans toutes vos relations aux autres en la matière. Une seule blague inappropriée sur la façon de conduire supposément dangereuse des femmes peut décrédibiliser des décennies d’effort...
Je ne peux pas terminer sans relayer une hypothèse qui permettra aux misogynes de moudre sur mon dos :
Ne suis-je pas anti-sexiste pour plaire aux femmes, au fond ? Eh bien c'est simple : s'il suffisait d'être anti-sexiste pour plaire aux femmes, alors pourquoi tous les hommes ne le deviennent pas ?
lundi 7 mai 2018
Lettre ouverte pour un changement politique majeur
vendredi 16 juin 2017
Voyage
Lior Shoov
Une
première chanson qui me ramène à mes 20 ans torturés, difficiles, mais
toujours entourés de musiciens et traîne-savates-joyeuses :
Et une autre qui est comme du miel :
https://www.youtube.com/watch?v=itRjrTqpSgE
samedi 1 avril 2017
Les standards de la communauté sont-ils standardisés ?
Enfin, juste pour voir, ce n'est pas tout à fait exact. En réalité, je supportais mal le décalage apparent (de mon point de vue) entre les standards sus-nommés et certaines conversations... disons... surprenantes, pour rester mesuré.
En résumé, une partie de ces standards consultables par tous disent très clairement que toute injure, calomnie ou tout appel à la haine visant une ou plusieurs personne(s) en raison de son appartenance à un groupe religieux, ethnique, social, professionnel, national et/ou tout autre groupe d'individus sont totalement proscrits et entraîneraient l'exclusion du réseau.
C'est assez clair. Moi j'aime bien, modulo une réserve sur les intentions réelles des utilisateurs, que le site prévoit d'ailleurs assez succinctement : "bien entendu, nous faisons preuve d'indulgence si c'est dit avec humour". Bien entendu, on peut rigoler en groupe, reste à savoir jusqu'à quel point. Bien entendu, le second degré reste le dernier rempart contre ton invasion, mécréant xénotypique.
AVERTISSEMENT : à partir de maintenant, je vais user systématiquement d'euphémismes afin de ne pas polluer ma page avec les mots qui m'ont poussé à réagir. Je ne tiens pas à ce que les moteurs de recherche mènent à cet article par la saisie de mots tels que "n...", "p..." voire le verbe courant mais violemment métaphorique "e...".
Bref, je suis tombé par hasard... bon, O.K., je l'ai bien cherché... je suis tombé sur une discussion dont le point de départ était un lien vers un article assez ordurier au sujet de la comparaison entre une journaliste d'origine ethnique différente de la majorité et un animal avec lequel nous serions cousins au 90 000e degré.
Après 112 signalements sans suite, il apparut que "selon les standards de la communauté", les formulations les plus dégueulasses -je ne vois pas d'autre mot- n'y contrevinssent point, que les phrases suivantes fussent à ranger sous la bannière du second degré bon enfant :
"Je souhaite que des individus mâles en grand nombre fassent subir à cette personne de type bronzé des intromissions non souhaitées par elle jusqu'à ce que le souffle de vie la quitte, cette personne de mauvaise vie au faciès façonné par le soleil."
"J'espère que quelqu'un à la peau claire et à l'esprit clairvoyant la fera passer de vie à trépas en prenant bien soin de lui arracher des cris de douleur auparavant."
etc. etc.
Je ne sais plus comment nommer mes émotions en lisant tout ça. Honte ? Colère ? Dégoût ? Désespoir ?
Il me faudrait, je pense, dépasser ma condition humaine plutôt que d'innover lexicalement. Il me faudrait m'élever au-dessus de moi-même et admettre qu'à défaut de pouvoir changer le monde, je dois changer le désir que j'ai de le changer. Je dois entrer dans l'acceptation de l'immuable, et par là-même atteindre l'ataraxie.
Ô monde... ataraxise-moi...
jeudi 18 juin 2015
La palme du pardon
Pardon pour avoir fermé les yeux pendant des décennies sur une déforestation sauvage qui permit d'exploiter certains produits indispensables à l'onctuosité de nos produits préférés.
Pardon pour n'avoir pas vu la transition entre cette déforestation sauvage et la création d'un label de durabilité qui légitime rétrospectivement cette déforestation en installant l'état des lieux.
Pardon, dans un même ordre d'idées, de confondre durabilité des cultures et pérennité des sols. Car quand le verger est épuisé, c'est tout le terrain qui est mort.
Pardon d'avoir accepté pendant des années d'entendre toutes les heures, en bon téléphage moyen, qu'un produit saturé en sucre raffiné et en graisse végétale était bon pour la santé des enfants du petit déjeuner au souper.
Pardon de laisser une représentante de l’État se ridiculiser dans une action hautement démagogique mais tout aussi casse-figure en dénigrant ce que nous savons.
Pardon pour cette addiction habile qu'engendrent des produits sur-sucrés au point qu'aucune réflexion n'est plus possible quand on en mange, à l'instar du déni des fumeurs ou des buveurs face à l'évidence.
Pardon pour l'exploitation de populations locales au profit de la goberge collective des pays occidentaux, populations locales dont on loue le fait "qu'elles aient du travail" grâce à nous, braves mangeurs de saletés visqueuses à la recette immonde, et non seulement du travail, mais aussi des grands espaces dégagés de cette forêt tropicale qui faisait rien qu'à être là.
Pardon pour les procès intentés à des produits concurrents moins nocifs, mais à la composition guère plus engageante quand on y regarde de plus près.
Bien entendu, il faut aussi demander pardon de demander pardon, parce qu'on nous objectera à juste titre que les multinationales ne possèdent pas les cultures, lesquelles sont majoritairement la propriété des coopératives locales. Par ailleurs, les mêmes cultures ne nécessitent pas l'emploi massif de pesticides en raison du faible nombre de pestes les atteignant...
Mais de toute façon, pourquoi, vraiment, pourquoi mettre 20 % de cette graisse (et 40 % de sucre blanc) contenant 50 % d'acides gras saturés dans un produit destiné à des enfants ? Qu'est-ce qu'ils nous ont fait pour qu'on leur fasse avaler ça au point de les rendre dépendants ?
Alors pardon à tous. Il fallait bien ça pour relancer un débat récurrent mais étouffé : nous acceptons de manger n'importe quoi et nous ne voulons pas savoir comment est produit et fabriqué ce que nous mangeons.
Et ça, cela ne pardonne pas.
mercredi 10 juin 2015
Tout nouveau, tout chaud
Les informations y sont encore partielles et désordonnées, mais je suis déjà opérationnel pour ma part...
http://verbeauvert.wix.com/sebastienhaton
A bientôt, soyez heureux.
PROGRAMME 2025 STAGES D'ÉCRITURE colorés de stylistique
Enfin le retour des stages d'écriture ! Tout le programme 2025 est disponible ci-dessous, avec les renseignements associés : STAGES D...
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J'ai un ciel orange sur le grill et je n'ai guère d'influx nerveux pour des billets de blogue conséquents... Une petite réflex...
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"S'il suffit d'être crédule pour être croyant, il ne suffit pas d'être crédible pour être cru." Archie Baldwick, dir...
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J'ai commencé hier à relater ce formidâââââble débat radiophonique qui fatigue et désespère les foules qui en ont marre, à savoir : LE ...